Enquête : Pourquoi les talibans ont-ils étouffé l’affaire de Siāh Sang ?

Kaboul – Dans une série d’allégations formulées par le commentateur religieux et analyste afghan Majidullah Qarar, de graves accusations ont été portées contre l’administration talibane ainsi que contre des éléments liés au Pakistan concernant un supposé massacre à Siāh Sang.
Selon M. Qarar, des dizaines de personnes – détenues par les autorités talibanes précisément en raison de leur opposition connue au Pakistan – ont été tuées à Siāh Sang à la suite d’une action ciblée pakistanaise. Il affirme que les coordonnées précises de ces détenus ont été délibérément transmises aux autorités pakistanaises par des individus qu’il désigne sous le terme de « Pendjabis de Kaboul ».
M. Qarar précise par ailleurs que les talibans ont emprisonné des milliers de personnes à travers l’Afghanistan identifiées comme opposants au Pakistan. Il soutient qu’un nombre important de ces détenus a ensuite été massacré lors de l’incident de Siāh Sang, un événement qu’il accuse les autorités actuelles d’avoir sciemment dissimulé.
Le commentateur a décrit l’Afghanistan comme étant de fait sous occupation pakistanaise et a accusé des membres du parti politique de Maulana Fazlur Rehman opérant à Kaboul de participer activement à cette dissimulation. Selon lui, l’objectif de cette censure est d’empêcher une montée supplémentaire du sentiment anti-pakistanais au sein de la population afghane.
Dans sa déclaration la plus tranchée, Majidullah Qarar a affirmé qu’il n’existait en réalité aucune distinction entre la direction talibane et ce qu’il nomme les « Pendjabis », présentant les deux groupes comme alignés dans leurs intérêts et leurs actions. Il a conclu par un appel public adressé aux Afghans, les exhortant à s’unir et à agir collectivement pour libérer le territoire afghan de l’influence des « Pendjabis blancs et noirs » – une expression qui semble englober les agents et collaborateurs perçus comme pakistanais, indépendamment de leur apparence ethnique.
Ces allégations, si elles étaient confirmées, constitueraient une escalade majeure dans les accusations d’ingérence étrangère et de complicité interne sous l’administration talibane actuelle. À la date de ce rapport (20 mars 2026), aucune vérification indépendante des tueries de Siāh Sang ni du prétendu transfert de coordonnées n’a été publiquement établie. Les talibans n’ont pas publié de réponse officielle aux accusations spécifiques formulées par M. Qarar.
Les propos de Majidullah Qarar reflètent un mécontentement croissant au sein de certains segments de la population afghane et de la diaspora concernant la souveraineté, la coopération sécuritaire et la gestion des prisonniers politiques depuis le retour au pouvoir des talibans.
